Votre avis sur une petite histoire.

21 réponses. Note la qualité de ce sujet :

Lancé par Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 14/12/2013 à 10:52.

Bonjour à tous,

Pour une fois je poste quelque chose de sérieux. 

Attention, méga-pavé de compétition catégorie poids lourds !!! (pour les pas courageux, la sortie est par là ^^).

Pour les autres, voici un petit texte d'essai que j'ai écris moi-même comme un grand il y a déjà 4 ans et j'aimerais savoir ce que les gossyens et gossyennes en pensent. Les commentaires sur les fautes d'orthographes ou le genre et l'ambiance du texte ne m'intéressent pas (c'est trop subjectif). Sinon, donnez votre avis : "ouah tu devrais continuer !" ou "c'est nul à chier, retourne troller !". Mais dans ce cas, justifiez vous s'il vous plait, que ce soit un minimum constructif. Évidemment, les conseils sont les bienvenus (c'est même le pourquoi du comment que je fais ce topic).

Il ne faut pas se fier au début nyan-nyan et un peu chiant à mourir, je dirais qu'il est nécessaire pour la suite. Les choses "commencent" à devenir intéressantes quand le personnage va dans la salle de bain (et pour les plus pervers, ce n'est pas ce que vous croyez !!!)

Voilà, donc trêve de blabla, j'envoie le pavé ^^

12 Février, 10h30


10 février.


 Ça ne faisait pas trois secondes que j'étais connecté à Internet que je recevais déjà un message instantané :

 « T'oublie pas, demain c'est dix-neuf heures. »

 Soupirant, je répondis :

 « Je sais, tu n'as pas arrêté de nous le répéter depuis le début de la semaine. Je pourrais même te citer : ''C'est au Sud de Charleston dans le Kentucky, près d’un village nommé Osborn. On se retrouve là-bas et ensuite, je vous y amène.'' Ça te va ? J'en sais assez ? »

 J'attendis qu'elle réponde, pas longtemps, Alexandra était une pro du clavier :

 « Mouais, ça peut aller. Et t'as tout prévu ? S'agirait pas de voir que t'as oublié quelque chose en arrivant là-bas. »

 « Relax, Alex. Je gère, ne t'inquiète pas. »

 « Ok ok. Faut que je te laisse. À demain. »

 « Bye ! »

 Je fermai la fenêtre de conversation. Puis, voyant qu’il n’y avait personne d’autre de connecté, j’éteignis mon ordinateur. Alexandra avait organisé une petite semaine de détentes pendant les vacances d'hiver. Nous quatre. Alexandra. Sylvain, son petit-copain. Mélanie, ma petite-amie. Et moi, Daniel. Les quatre français partis étudier aux États-unis.


11 février.


 Le lendemain, Mélanie et moi gelions sur une place de Charleston en attendant nos amis. Petite, brune, les yeux verts, c'était ma petite fée à moi. Blottie dans mes bras, je sentais qu'elle tremblait de partout. Une voiture arriva sur la place où nous étions. Alexandra en descendit. Elle était l'inverse de mon amour. Blonde, grande, des yeux bleus à rendre jaloux le ciel.

 – Désolé, dit-elle. Sylvain avait un peu de retard.

 Nous mîmes nos bagages dans sa voiture et embarquâmes à l'arrière. Mélanie mit une claque derrière la tête de Sylvain.

 – Tu sais combien de temps on a attendu ? s'exclama-t-elle.

 – Dany, calme ta tigresse, je regretterais de devoir lui faire mal.

 Sylvain n'était pas réputé pour sa finesse. Cheveux blonds, courts, ils avaient les yeux marrons, ce qui était rare pour un blond. Fort de ses muscles, il était cependant un grand romantique. Je n'ai jamais su laquelle de ses deux caractéristiques avait séduit Alex. Peut-être les deux.

 – Et moi, à toi, répliquai-je tout en ramenant ma chérie à moi.

 Elle se blottit aussitôt dans mes bras. Mélanie était très câline. Tout comme moi. Je savais que ce n'était pas ça qui l'avait séduite, néanmoins. Ni mes cheveux bruns toujours en bataille ou mon regard bleu profond qu'elle trouvait magnifique. C'était plutôt mon charisme et mon sang froid qui lui avait plu. C'était elle qui me l'avait dit. Pour le sang-froid, je voulais bien, et encore. Mais pour le charisme, je ne voyais pas du tout ce qu'elle voulait dire. Je croyais que l'amour rendait aveugle, pas qu'il créait des illusions. Enfin, je n'allais pas m'en plaindre. J'étais avec la femme de ma vie.

 – La ceinture de sécurité, c'est en option à New York ? me demanda Sylvain.

 – Alex roule doucement, il n'y en a pas besoin, observa Mélanie.

C'était vrai. La neige obligeait notre chauffeuse à ne pas dépasser les cinquante kilomètres par heure. Si l'on percutait quoi que ce soit, ne pas avoir la ceinture ne serait pas grave.

Nous arrivâmes bientôt au chalet d'Alex. En réalité, il appartenait à ses parents qui avaient bien voulu nous le prêter. Alexandra se gara devant et nous dûmes affronter le froid une fois de plus, le temps de décharger toutes nos affaires.

Le salon était une immense pièce. Deux canapés à l'air moelleux se faisaient face en son centre. Une grande cheminée à foyer ouvert trônait dans un coin. Au sol, à même le parquet, était placée une peau d'ours brun.

 – Les chambres sont à l'étage, lança Alex en désignant l'escalier. Il y a une salle de bain pour chacune.

Après nous être installés dans nos chambres, nous allumèrent un feu et mangeâmes les pizzas que Sylvain avait acheté. D'après lui, c'était pour ça qu'il était en retard mais un coup d'œil vers Alex me prouva le contraire. Nous passâmes la soirée à nous raconter ce qu'il s'était passé pour nous depuis la dernière fois que nous nous étions vu. Pour ma part, je passai les détails de mes études. La socio-criminalité n'apportait pas que des sujets joyeux.

Aux alentours de minuit, nous allâmes nous couchés. Le voyage avait été assez éreintant. Enfin, c'est ce que je pensais.

Mélanie et moi fîmes l'amour. Deux fois. Je ne savais pas si c'était la chaleur de l'endroit ou le fait que nos amis pouvaient sans doute nous entendre, mais elle m'avait l'air insatiable. Nous nous endormîmes nus l'un contre l'autre.


12 février.


Les rayons du soleil perçant à travers la vitre me réveillèrent. J'ouvris les yeux et contempler un instant le visage de ma petite fée encore endormie. Se pouvait-il vraiment que je sois l'élu du cœur d'une fille aussi jolie ? Se pouvait-il que cette déesse soit réellement mienne ?

Je me levai et allai fouillé dans mes affaires. J'en sortit un petit coffret de velours. L'ouvrant, je fixai un moment le diamant qui orné la bague en or. Un héritage. Mon père m'avait prévenu qu'à vingt-deux ans, j'étais un peu jeune pour un mariage. Je tournai la tête vers Mélanie. Mais quand les deux personnes étaient sûres de leurs sentiments, fallait-il continuer à hésiter ?

Voyant qu'elle allait se réveiller, je rangeai précipitamment la bague à sa place. Je me remis sous la couette et caressai sa joue. Elle ouvrit les yeux.

 – Coucou, mon amour, sourit-elle.

 – Bonjour, mon cœur. Bien dormi ?

Elle me vrilla d'un long et tendre baiser avant de répondre :

 – Oui. Je n'ai pas du tout eu froid avec toi à mes côtés.

Je dégageais toujours beaucoup de chaleur. Un vrai radiateur !

 – Nous devrions descendre, non ?

Elle remonta la couette jusque sous son menton et déclara :

 – Je suis bien au chaud. J'ai envie de faire la grasse matinée.

 – D'accord. Je vais faire un brin de toilette et je t'apporte ton petit déjeuner.

Mélanie m'embrassa :

 – Hmm ! Tu es un ange.

Je sautai du lit, mis un pantalon et sortis de la chambre. La salle de bain était juste en face. Franchissant la porte, je la verrouillai. Une habitude. Je savais qu'il n'y avait aucune raison que je m'enferme ainsi. Je me mis devant l'évier et scrutai mon visage. J'avais plutôt bonne mine. Posant ma montre sur le rebord du lavabo, je me passai de l'eau sur la figure et m'essuyai. Un oiseau se posa sur le rebord de la fenêtre. Dans la région, il était rare d'en voir sortis à cette époque de l'année. Il piailla deux fois puis s'envola. Tout en remettant ma montre, je vis qu'il était 9h30.

Je revins dans la chambre et me figeai. Mélanie n'y était plus. Elle avait du changer d'avis et descendre. Très silencieusement parce que je ne l'avais pas entendu de la salle de bain. Je m'habillai convenablement et descendit à mon tour. En bas de l'escalier, je m'arrêtai. Je n'entendais personne. Arrivé dans la cuisine, je ne vis aucun de mes amis. Je fit le tour du rez-de-chaussé sans trouver âme qui vive.

Réfléchissant, je remontai. Si je ne les trouvais pas à en bas, c'est qu'ils devaient être à l'étage. Sylvain et Alex devaient encore être dans leur lit, et Mélanie avait du prendre leur salle de bain parce que j'occupais la nôtre.

Je frappai à la porte de leur chambre. Aucune réponse. Dormaient-ils encore ? Le plus silencieusement possible, j'ouvris. Leur lit était défait mais ils n'étaient pas ici. Refermant, je me tournai vers la salle de bain, juste derrière moi. Aucun bruit. Je m'engouffrai de la même manière que précédemment. Personne.

Personne dans la maison. Ils ne pouvaient donc être que dehors. Ils auraient décidé de manger à l'extérieur ? D'accord, la vue devait être superbe mais je connaissais bien ma petite fée et elle n'aurait jamais voulu déjeuner dehors par cette température. Cela même sous le regard le plus implorant d'Alexandra.

Je descendis en trombe les escaliers et sortis dehors. La scène qui s'offrait à moi aurait pu me plaire s'il n'y avait pas eu quelques détails alarmants.

La veille, il faisait trop sombre pour que nous ayons pu apercevoir le lac gelé juste en face du chalet. Les rayons du soleil reflétant sur la glace donnait au paysage un certain charme. Cependant, je ne m'attardai pas sur ce beau tableau. La voiture d'Alex n'était plus là. Ce qui n'était pas pour me rassurer. Pire encore, il n'y avait aucune trace devant la maison. Pas la moindre empreinte de pas ou de roue. Je savais qu'il avait neigé dans la nuit mais si la voiture était partie ce matin, il y aurait du y avoir des traces. Là, c'était comme si la voiture n'avait jamais été là. Mais surtout, comme si mes amis n'avaient jamais été là.

 – Il y a quelque chose qui cloche, me dis-je.

Refermant la porte d'entrée, je remontai ensuite dans ma chambre. Je fouillai dans mes affaires jusqu'à attraper une mallette noire que j'ouvris sur le lit. J'en sortis un Beretta que j'armai et pris un deuxième chargeur que je mis dans ma poche. Prenant un manteau je ressortis dehors. Je m'étonnai de mon calme. Mélanie n'avait peut-être pas tout à fait tort pour mon sang-froid.

Je descendis les marches du péron et allai m'accroupir près de là où était censée être la voiture. Il n'y avait vraiment aucune trace. Je décidai de faire le tour de la maison. Rien. Je retombai bientôt sur mes propres empreintes. Au moins, elles, ne s'étaient pas volatilisées. Je poussai mon exploration jusqu'au lac. En fit même le tour. Toujours rien. J'hésitai à aller dessus. Me ravisai. C'était inutile. Il n'y avait pas d'empreinte sur un lac gelé. Et toute autre chose, je pouvais le voir de là où j'étais.

Alors que je regardais avec insistance la couche de glace, espérant trouver un élément de réponse à toute cette histoire, un bruit sec de branche cassée retentit derrière moi. Je me retournai vivement, le canon de mon pistolet suivant mon regard. Rien. Pour changer. Mon intuition me dit quand même d'aller jeter un coup d'œil.

J'inspectai les alentours, les arbres, le sol, la neige. Il n'y avait personne. J'avais espéré que peut-être je n'étais pas seul. Je m'apprêtai à rentrer quand mon regard fut attiré par ce que je cherchais depuis le début. Des empreintes.

Mais ce n'était pas celles que je cherchais avec tant d'énergie depuis bientôt deux heures. Car ce que je cherchais, ce n'était pas deux trous dans la neige à côté d'un arbre frêle. Seulement deux. Pour obtenir ce genre d'empreintes, il fallait rester immobile pendant longtemps afin que la neige fonde sous vos chaussures jusqu'à atteindre l'herbe en dessous. Il y avait donc quelqu'un qui était resté là. Mais pourquoi ?

Je scrutai les alentours. Qu'y avait-il d'intéressant pour ne pas bouger pendant des heures ? Je vis le lac, la forêt à perte de vue et la maison. Je pouvais même voir la fenêtre de ma chambre... Bon sang ! Évidemment, la maison ! L'individu qui était resté ici avait observé la maison. J'avais espéré ne pas être seul mais je ne pensais pas qu'une personne autre que mes amis pouvait se trouver ici.

J'inspectai mieux l'empreinte. Au vue de la taille, un homme. Du 42 ou 43. Mais par où était-il partis ? Il n'y avait pas d'autre trace. S'il était partis pendant la nuit, la neige aurait recouverte même ces deux traces, en plus des autres. Et s'il était partis ce matin, aucune trace n'auraient été effacé. Peut-être ces deux là avaient-elles été protégé ? Je regardai les arbres. Ils étaient nus. Pas la moindre feuille. Et ils n'étaient pas assez gros pour couvrir quoi que ce fut. C'était étrange. Comme si ces deux empreintes avaient résisté à la tombée de la neige ou comme si l'homme s'était...envolé.

Je regardai ma montre. Il était presque midi. Je n'avais pas déjeuner et j'avais fin. C'était bête, mais une personne affamée réfléchissait moins bien qu'avec le ventre plein. Voilà au moins une chose que mon professeur d'analyse comportementale m'aura enseigné d'utile.

Rentrant, je dégottai un reste de pizza froide et m'ouvris une bière. Je réfléchissais en même temps. Quand les choses avaient-elles commencé à être bizarres ? Après mon réveil. Plus précisément, après que je sois sortis de la salle de bain. J'aurais dû retrouver Mélanie dans notre chambre mais elle n'y était pas. Plus personne n'était là. Et à en voir par l'absence de traces dehors, c'était comme si aucun d'eux n'était venu. Et je serais venu comment moi ? En volant ? Et ces empreintes dans la neige, elles étaient apparues toutes seules ? Rien n'avait de sens...

Bouteille à la main, et mu par je ne sais quelle envie, je retournais dans la salle de bain, à l'étage. M'arrêtant sur le seuil de la porte, je n'osai pas y pénétrer. Comme si j'avais peur que je ne disparaisse à mon tour si jamais je rentrais dans cette pièce, devenue le point de départ de cette histoire de fous.

Pour peu que je pouvais en voir, de là où je me trouvais, rien n'avait changé. Cela dit, je ne pouvais en être sûr. Je n'avais pas trop prêté attention à ce qui m'entourait. Je retournai dans le salon, me posai sur un canapé et fermai les yeux pour réfléchir.

Aucune explication logique ne me venait. Les évènements et les indices que j'avais récolté n'était pas cohérent. On m'avait enseigné que lorsque rien n'avait de sens, c'est qu'il n'y en avait pas ou que l'instigateur de la mise en scène cachait bien son jeu. Cependant, si trop d'éléments sont de l'ordre de l'irrationnel, c'est qu'il n'y a aucun sens et donc que l'instigateur agit sans la moindre logique. Je repensais aux deux traces dans la neige. Un homme, pour sûr. La thèse de l'enlèvement ? Elle ne collait pas sur plusieurs points. Tout d'abord, je l'aurais sans doute entendu. Deuxièmement, il n'y avait aucune raison que j'ai été épargné. Enfin, et j'en revenais toujours à la même chose, les traces. Même si l'on peut camoufler des empreintes de pas, on peut quand même voir que la neige a été brassée. Or, là, elle est tombée et n'a jamais été foulée. Je connaissais la technique qui consistait à traîner derrière soit une plaque de fer ou un épais branchage afin de ne pas laisser des traces de pas. Cependant, cela marchait pour le sable, pas pour la neige.

Je décidai de changer de point de vue pour me diriger vers un terrain que je n'appréciais guère, tout comme mes collègues étudiants en criminalité. Le domaine de l'irréel. Rempli de mythe et de croyance. Certains criminels peuvent se servir de ces croyances pour donner un sens, un fil conducteur à leur mise en scène. En revanche, dans mon cas, je ne pensais pas qu'il s'agissait de cela. Je ne voyais pas comment l'on pouvait faire disparaitre des personnes aussi facilement. C'était impossible. Rationnellement impossible.

Une idée me vint. Si la seule personne encore présente était moi, il se pouvait que tout vienne de moi. Autrement dit, que c'était moi qui avait fait disparaitre mes amis. Je ne savais pas encore comment et encore moins comment les faire revenir. Si toutefois je visais juste. Je l'avais sans doute fait inconsciemment. Sans le vouloir précisément mais mon subconscient l'avait peut-être fait pour moi. Le subconscient. Le domaine de l'hémisphère droit du cerveau. La partie psychédélique. En effet, lorsque nous sommes éveillés, c'est la partie gauche de notre cerveau qui commande. C'est elle qui fait appelle à la logique, au raisonnement. C'est aussi elle qui détient la notion du temps. Cependant, lorsque nous dormons, l'hémisphère droit prend le contrôle. Il contient le subconscient, toutes les pensées refoulées par l'autre partie de notre cerveau. C'est aussi d'ici que nous vient notre créativité et tous les délires qui peuvent aller avec. Les rêves sont directement extrait de cette partie. C'est pourquoi ils n'ont ni queue ni tête. Quand nous nous réveillons, nous pensons que nos rêves ont une suite chronologique mais c'est faux. C'est notre hémisphère gauche qui ajoute la notion de temps alors que les rêves n'en ont pas. Tout cela pour dire qu'il se pouvait que je rêve. Je devais encore être dans mon lit, auprès de Mélanie. Je savais que dans certains rêves, nous sommes conscients que nous rêvons. Ce serait donc ça.

Je n'y croyais qu'à moitié.

Soudain un cri retentit dans la forêt. Un cri effroyable. De femme. Rempli de peur, de terreur même. Je bondis sans réfléchir sur mon Beretta et sortis de la maison en courant. Le cri venait du Nord, il me semblait. Je courus dans la forêt sans la moindre idée d'où j'allais. Les arbres frêles défilaient à une vitesse folle. Je stoppai un instant, reprenant mon souffle tout en scrutant les alentours. Rien. Encore une fois, aucune trace à part les miennes. Pas âme qui vive, encore moins qui hurle.

Un deuxième cri me perça les tympans. Plus proche. Mais cette fois, au lieu de réagir au quart de tour, je me figeai. Pour deux raisons. La première, c'est que j'avais eu tort de chercher au sol ou même de regarder les alentours en me limitant à vouloir trouver une personne. Le cri venait d'en haut. Deuxièmement, et c'était sans doute ce qui me paralysait, c'est que j'avais reconnu la voix de Mélanie. Je commençais sûrement à devenir fou. La théorie du rêve ne tenait plus trop la route. Je ne me serais pas torturé ainsi. Enfin, je pense.

J'attendis. J'ignore pourquoi. Puis, mû par je ne sais quel élan, je me retournai vivement, arme en main, prêt à faire feu, et me retrouvai en face de...rien. J'étais encore tout seul. Et comme cela ne suffisait pas, je ne savais pas du tout où j'étais. La maison pouvait bien se trouver dans n'importe quelle direction. Les arbres de cette forêt se ressemblaient tous. Je n'en reconnus aucun que j'aurai pu mémoriser dans ma course effrénée. J'étais perdu.

J'errai dans le bois jusqu'à ce que la nuit tombe. Je n'y voyais plus rien. Pas même ma main tendu devant moi. Je décidai quand même de continuer de chercher la maison. C'était mon seul refuge dans cette histoire de dingue. Cependant, au bord de l'épuisement, je m'écroulai bientôt par terre. J'eus beau essayer de résister au sommeil, celui-ci m'emporta sans le moindre effort.


13 février.


Je me réveillai allongé sur le canapé du salon. Il faisait encore nuit. Mon crâne me lançait violemment. J'avais l'impression qu'un joueur de claquette avait pris ma tête pour une piste de danse. Je me relevai lentement, essayant d'apaiser mon mal de crâne en me massant les tempes. Comment est-ce que j'avais atterri ici ? Je reportai les questions à plus tard. Cela accentuait trop mes douleurs à la tête.

J'aperçus alors la silhouette d'une personne se dessinait dans l'ombre. Elle se tenait dans un coin de la pièce, les bras croisés me semblait-il. Pointant un doigt dans ma direction, elle dit :

 – Alors toi !

Ma première surprise passée, je me levai, soulagé d'entendre la voix de ma petite fée. Je ne savais pas ce qui c'était passé mais elle était de nouveau là.

 – Mon cœur, commençai-je.

Mais je n'eus pas le loisir d'approfondir ma joie de la retrouver.

S'extirpant de la pénombre, elle se jeta littéralement sur moi et à ma grande et effroyable surprise, ce n'était pas pour m'embrasser.

 – Je vais te tuer !

Là encore, j'aurais pu penser qu'elle plaisantait. Cependant la vision qui s'offrit à moi me refroidit tout de suite. Ses yeux pleuraient du sang, la moitié de son visage était écorché vif, tout comme ses mains complètement dénuées d'ongles.

Pétrifié par ce spectacle d'horreur je ne pus rien faire lorsque ce monstre, dont je ne pouvais penser qu'il s'agisse de Mélanie, m'attrapa à la gorge et m'étrangla. Je suffoquais rapidement mais je ne pouvais toujours pas bouger, prisonnier de cette vision cauchemardesque de ma petite fée à moitié ensanglantée en train de me tuer.

 – Tu m'as laissé mourir ! me cria-t-elle.

Je ne pouvais pas répondre. Et même si j'avais voulu, je n'aurais pas su quoi dire. Certes, c'était bien elle que j'avais entendu, criant dans les bois. Cependant, je voyais mal son cadavre venir me voir pour me tuer parce que je n'avais pas su la retrouver à temps.

Me lâchant d'une main, elle sortit un couteau de je ne sais où. Je notais qu'elle avait assez de force pour me tenir la gorge avec une seule main, chose que je n'aurais certainement pas cru. Alors qu'elle s'apprêtait à me poignarder sans la moindre pitié, je me réveillai en sursaut.

J'étais allongé dans le canapé du salon. Comme dans mon rêve. Sauf qu'il faisait jour. Mon Beretta était posé sur la table basse, je m'en emparé sans hésité et m'assis. Il y avait une chose que je n'avais pas rêvé, mon mal de crâne. Et il paressait encore plus féroce que dans mon cauchemars.

C'était de plus en plus étrange. Comment je m'étais retrouvé ici, sur le canapé alors que je m'étais effondré dans la neige, sans la moindre idée de là où je pouvais être. La seule explication logique était que je n'étais pas seul et que quelqu'un m'avais amené là. Je ne savais pas pourquoi mais mon intuition me disait de ne pas suivre la logique, que tout cela n'avait rien de rationnel. Tout cela ne serait donc qu'un rêve ? Ou plutôt un cauchemars. Je savais qu'il était possible de rêver dans un rêve, mais est-ce que l'on pouvait cauchemarder dans un cauchemars ? Mon cerveau était-il si tordu ?

En tous cas, tordu ou pas, il ne tolérait pas que je réfléchisse autant. Mon mal de tête devint insoutenable. J'allai au frigo pour prendre de la glace mais n'en trouvai pas. Je vis une rangée de bières alignées et une idée me traversa l'esprit. Une phrase d'un de mes professeurs me revint. « Si votre adversaire semble prévoir tout vos coups à l'avance, alors arrêtez toute stratégie et faites n'importe quoi, ça le déstabilisera. ». L'idée ne me plaisait pas, mais c'était ma dernière carte.

À moitié bourré après un nombre de bière dont je ne me rappelais déjà plus, j'avais allumé un grand feu devant la maison. Je chantais, ou plutôt je hurlais, des chansons paillardes et dansais autour des flammes, une bouteille dans une main et mon pistolet dans l'autre. Il faisait nuit, à présent. Je devais sans doute avoir froid mais l'ivresse me donnait l'impression étrangement réconfortante que j'étais en feu. Il me restait encore assez de lucidité cependant pour ne pas me jeter dans les flammes, bien que je crus un moment que cela m'aiderait et ne me ferait aucun mal.

La notion de toutes choses disparut de mon esprit. Il n'y avait plus que moi, le feu, ma bière, mon arme et des mystérieuses voix que je percevais à peine. Au début, je les avais pris pour un bourdonnement dû à l'alcool. Mais bientôt, le bruit de fond se transforma en mots. Ni rassurants, ni inquiétants. En fait, il n'y en avait qu'un, de mot : RECALÉ ! J'étais bien trop défoncé pour savoir ce que ça voulait bien dire, ni même pour m'intéresser aux personnes qui disaient ça. Ce mot me venait de partout, à croire que d'un coup, j'étais envahi par une douzaine de personnes autour de moi qui criaient inlassablement. Soudain énervé, je braquai mon Beretta vers les arbres et tirai à l'aveuglette sans savoir pourquoi. Je tirai dans toutes les directions jusqu'à ce que mon chargeur soit vide. Je vidai d'une traite ma bouteille encore presque pleine et m'effondrai par terre, dans la neige.


14 février ?


Je me réveillai étrangement en pleine forme. Mon mal de crâne avait disparu, je n'étais pas sale alors que je m'étais endormi en plein milieu de la neige deux fois ces deux derniers jours. Je me levai en m'aidant du lavabo à côté de moi... Du lavabo ? Je me rendis compte que je me trouvais dans sa salle de bain, à l'étage. Les rayons d'un soleil à peine levé perçaient à travers la fenêtre.

On frappa à la porte et une voix lança :

 – Eh, Daniel, qu'est-ce que tu fais ?

Mélanie.

Instinctivement, je me jetai sur la porte. La main sur la poignée, je me ravisai. Et si c'était la même Mélanie que dans mon cauchemar. Et si j'étais encore endormi et qu'elle allait une fois de plus essayer de me tuer. Reculant de deux pas, je cherchai mon arme des yeux. Rien. Tant pis, je l'affronterais donc sans arme.

Inspirant profondément, j'ouvris la porte à la volée et me retrouvai face à une Mélanie aux cheveux ébouriffés par une nuit de sommeil, la main levée comme pour frapper à la porte et dont les yeux émeraudes paraissaient inquiets. Chose qui me parut à la fois justifiée et étrange sans savoir laquelle des deux sensations l'emportait sur l'autre ni même pourquoi j'avais pensé cela.

 – Il y a quelque chose qui ne va pas ? s'enquit-elle d'un ton alarmé.

Ce qui devait sans doute s'expliquer. Moi même, je ne devais pas transpirer l'assurance. Je ne sais pourquoi, je me sentis méfiant envers elle. Alors que j'aurais dû la prendre dans mes bras, comme je me serais attendu à me voir faire, je lui répondis simplement :

 – Oui, il y a un truc qui ne va pas.

Là, elle n'avait plus l'air inquiète. C'était presque de la panique que je lus dans ses yeux et que je ressentis dans les vibrations incertaines de sa voix.

 – Et c'est pour cela que ça fait une heure que tu es dans cette salle de bain ?

Mon cerveau s'arrêta sur un seul élément de sa phrase : une heure. Une heure ? Une heure ! Je ne cessais de la regarder bêtement, sans rien dire. Ma main glissa vers le lavabo où j'étais sûr, pour je ne sais qu'elle raison, que ma montre se trouvait. Au moment où je l'attrapais, j'entendis deux piaillements. Mon regard fut attirée sur la fenêtre où, sur le rebord, se tenait un oiseau. Il s'envola à peine quelques secondes plus tard mais j'étais sûr d'avoir reconnu le même oiseau que la première fois que j'étais rentré dans cette pièce, deux jours plus tôt. Enfin, normalement, deux jours plus tôt... Ou alors...

Ne comprenant plus rien, je regardai ma montre comme si elle allait m'apporter toutes les explications que je cherchais. Au lieu de ça, elle ne fit qu'en allonger la liste.

Elle indiquait : 12 février, 10h30.

Vive les kiwis !
Anonymous
Anonymous Anonymous (GOssien Tout-puissant | 7351 posts), le 08/04/2014 à 23:16.
je lirai plus tard
je vous emmerde et je rentre à ma maison :o officiellement secrétaire de @MissL83, si vous voulez que je lui envoi un message de votre part xD
Anonymous
Anonymous Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 16/12/2013 à 22:44.
@Blackill Mais oui, où est-elle passée, cette gourdasse ? :p

Modifié 1 fois, dernièrement le 16/12/2013 à 22:44.

Vive les kiwis !
Anonymous
Anonymous Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 16/12/2013 à 22:43.
@FrancoisVD Merci ^^ Surtout pour l'effort lol
L'élève a dépassé le maître en flood, non ? :p
Vive les kiwis !
BlacKill
BlacKill BlacKill (Expert GOssien | 1686 posts), le 15/12/2013 à 21:53.
J'ai lu le début et ton histoire est assez captivante, elle donne envie d'être lue mais j'ai pas le temps ce soir :/ Je lirai la suite demain ( Mais ou est donc passée Mélanie !? ^^)
Lorsqu'on se trouve face à un tigre, inutile de raisonner trop longtemps, il faut vite choisir entre le combat et la fuite
FrancoisVD
FrancoisVD FrancoisVD (GOssien Inter-galactique | 13230 posts), le 15/12/2013 à 15:00.
@Eryment : Je me suis demandé pourquoi cette mention de ta part et sur ce topic. Eh bien avant de le savoir sache que j'ai lu ton pavé ! (Comme tu dis :P)
Bon j'ai lu le début et la fin. C'est un gros effort pour moi x) je n'ai rien à dire dessus si ce n'est que ce texte est bien ! ;) et je ne dis pas ça parce que je te connais ^^

Mais pour en revenir à mon nombre de post, je n'ai pas commencé à flood tout de suite ;)
Je sais plus à combien je suis mais disons que environ 3/4 du nombre de mes posts est du flood, clash troll tout ce qu'on veut sauf des posts restant dans le sujet ^^

Et dire que c'est mon "grand-frère" qui m'a appris à flooder (a)
Si vous nous voyez passer, c'est que le déluge se rapproche, les inondations vous engloutiront petit à petit et le flood s'installera. #TF.
Anonymous
Anonymous Anonymous (GOssien Star | 906 posts), le 14/12/2013 à 23:39.
@Eryment mais oui bien sur cest relatif tu me dira
Anonymous
Anonymous Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 14/12/2013 à 23:38.
@isma13 Si peu ^^
Vive les kiwis !
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Anonymous Anonymous (GOssien Star | 906 posts), le 14/12/2013 à 23:08.
@Eryment oui surtout que tes un habituée :D
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Anonymous Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 14/12/2013 à 23:06.
@Arf31000 Oh tu sais, je ne suis pas à un près ^^ Et puis le flood n'est pas interdit :p
Vive les kiwis !
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Anonymous Anonymous (GOssien SuperStar | 1243 posts), le 14/12/2013 à 22:01.
J'ai lu un quart, je lirait le reste quand je serait plus tranquille :)
je te dirai ce que j'en pense, j'écrit aussi des nouvelles, depuis une dizaine d'années, mais contrairement à toi je suis bien trop pudique pour les faire lire ;).

Et un commentaire qui sert à rien, un!
"On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent"
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Anonymous Anonymous (GOssien Star | 906 posts), le 14/12/2013 à 20:35.
@Eryment ouais j'immagine ça
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Anonymous Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 14/12/2013 à 20:28.
C'est un des monstres de flood du site ^^
Vive les kiwis !
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Anonymous Anonymous (GOssien Star | 906 posts), le 14/12/2013 à 20:07.
@Eryment je viens d'aller voir a oui quand meme plus de 11000 :O
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Anonymous Anonymous (GOssien mythique | 5107 posts), le 14/12/2013 à 17:38.
C'est lui ^^ --> @FrancoisVD

En nombre de posts...
Vive les kiwis !
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Anonymous Anonymous (GOssien Star | 906 posts), le 14/12/2013 à 16:58.
@Eryment ah bon et c'est qui le boss ?